Ces dernières années, la Ville a déjà engagé des réalisations importantes pour mieux faire face aux fortes chaleurs. Deux écoles ont notamment été conçues selon des principes de rafraîchissement passif.
L’école Jaurès a été réalisée avec des matériaux performants en matière d’isolation, une gestion optimisée des eaux pluviales, un éclairage naturel renforcé et une ventilation adaptée.
L’école Voltaire, construite en terre-chanvre, est équipée d’un échangeur adiabatique permettant de rafraîchir l’air sans recourir à la climatisation. Elle est également raccordée au réseau de chaleur par géothermie de l’écoquartier.
Ces équipements témoignent de l’engagement de la Ville en faveur de bâtiments plus résilients. Ils ont toutefois été conçus il y a plus de dix ans, sur la base d’hypothèses climatiques qui ne correspondent plus à la réalité des épisodes que nous connaissons aujourd’hui. L’épisode exceptionnel que nous venons de traverser montre que ces bâtiments atteignent désormais leurs limites.
Cette vague de chaleur n’est pas un événement isolé. Elle est appelée à se reproduire, probablement avec une fréquence et une intensité accrues.
Face à cette réalité, la Ville engage un plan d’action structuré, doté d’un calendrier précis et d’un pilotage clairement identifié. Il s’articule autour de quatre grands chantiers.

Réaliser un diagnostic de vulnérabilité thermique de nos bâtiments d’accueil

Dès cet été, un bureau d’études spécialisé sera missionné afin de réaliser un diagnostic thermique de l’ensemble des bâtiments municipaux accueillant des enfants : les écoles, les centres de loisirs et les crèches.
Cette étude s’appuiera sur les relevés de température effectués pendant l’épisode de vigilance rouge, bâtiment par bâtiment et salle par salle.
Elle sera complétée par une instrumentation pérenne permettant de suivre, année après année, le comportement thermique réel de chaque site.
Pour chaque établissement, le diagnostic établira une cartographie précise des espaces les plus exposés à la chaleur et des zones les plus fraîches, une évaluation complète de l’enveloppe du bâtiment (isolation, vitrages, protections solaires, inertie) et une hiérarchisation des travaux à engager, des solutions les plus simples (occultation, ventilation nocturne…) jusqu’aux interventions les plus importantes (rafraîchissement actif ou rénovation).
Ce diagnostic constituera le socle technique de l’ensemble du plan d’action. Il sera partagé avec les habitants dans un souci de transparence.

Élaborer un Plan canicule pour chaque établissement

À l’image des PPMS (Plans particuliers de mise en sûreté), chaque école et chaque centre de loisirs disposera désormais de son propre Plan canicule. Ce document sera élaboré conjointement par les directions d’établissement et les services techniques de la Ville.
Chaque plan comprendra notamment :
– une cartographie des espaces les plus frais, établie à partir des relevés de température ainsi qu’un plan de repli permettant d’y accueillir les enfants lorsque cela est nécessaire ;
– un déclencheur clairement identifié, fondé soit sur un seuil de température intérieure, soit sur le niveau de vigilance de Météo-France, entraînant automatiquement l’activation du dispositif et l’information des familles ;
– un binôme responsable, composé de la direction de l’établissement et d’un référent des services techniques, avec une chaîne de décision clairement définie en lien avec le DASEN et la Préfecture.

Mettre en œuvre un plan pluriannuel d’investissement

Le diagnostic débouchera sur un programme d’investissements hiérarchisé selon le niveau réel de vulnérabilité de chaque bâtiment. La Ville privilégiera d’abord les solutions les moins consommatrices d’énergie.
En priorité :
– le renforcement des protections passives : stores, brise-soleil, films solaires, ventilation nocturne, végétalisation et désimperméabilisation des cours dans le prolongement du Plan arbres écoles ;
– le déploiement de brasseurs d’air plafonniers, particulièrement efficaces dans les salles les plus exposées tout en restant sobres sur le plan énergétique.
Lorsque ces solutions ne permettront pas d’assurer un niveau de confort suffisant, la climatisation pourra être mise en œuvre.
Sur ce point, la Ville assume une position claire : la climatisation ne doit plus être un tabou. Utilisée avec discernement, uniquement dans les locaux et pour les usages qui le justifient, elle constitue un outil de protection parmi d’autres. Elle doit rester une réponse ciblée et raisonnée, sans devenir une solution généralisée.

Construire et rénover pour le climat de demain

Pour tous les bâtiments à construire ou à rénover, la performance thermique estivale constituera désormais un critère majeur de conception.
Les projets d’équipements prévus au cours de la mandature, qu’il s’agisse de la rénovation de la mairie annexe, des écoles Pierre Brossolette et Thomas Masaryk, du futur Espace Séniors, de la crèche Magdeleine Rendu ou encore du futur équipement fédérateur de la Cité jardin, intégreront en priorité les solutions les plus durables.
Seront notamment étudiés : une forte inertie des bâtiments, des protections solaires systématiques sur les façades les plus exposées, une limitation des surfaces vitrées sensibles, le recours à la ventilation nocturne, l’utilisation de matériaux biosourcés, toutes les solutions permettant de rafraîchir naturellement les bâtiments sans accroître leur consommation énergétique.
Lorsque les seules solutions passives ne suffiront pas, des dispositifs de rafraîchissement plus actifs pourront également être envisagés.
Désormais, chaque nouveau projet fera l’objet, dès sa conception, d’une simulation thermique évaluant son comportement face au climat actuel, mais également aux conditions climatiques attendues à l’horizon 2050.

Adapter durablement le parc social

Au-delà de la gestion de l’urgence, l’enjeu est désormais d’adapter durablement le parc social aux épisodes de fortes chaleurs. Cela passe notamment par des rénovations thermiques ambitieuses, déjà engagées sur plusieurs résidences : les résidences Pagnol, les quartiers des Friches et des Houssières, la Faulotte et le patrimoine d’Emmaüs Habitat, avenue de la Division Leclerc.
Cette ambition guide également le projet de rénovation de la Cité-Jardin, qui répond à un triple enjeu : patrimonial, social et sanitaire.

Une méthode pour agir durablement

À travers ces quatre chantiers, la Ville fait le choix d’une méthode claire : ne plus subir les épisodes de chaleur les uns après les autres, mais adapter durablement ses bâtiments à un climat qui évolue, pour protéger les plus fragiles, qu’il s’agisse des enfants ou des séniors, mais également l’ensemble des agents qui les accueillent et les accompagnent chaque jour.